mardi 26 août 2014

Et si on parlait...

Et si on parlait allaitement


C'est un peu le sujet que je lis beaucoup en ce moment... du coup je vous raconte un peu de moi


Akilina née en juillet 2008

Je ne me pose pas la question vais-je allaiter ou non, je ne me prépare pas, personne ne me dit il faut allaiter / il faut prendre le biberon… je ne connais rien à la question, j’ai 21 ans et j’en sais rien.

Tout ce que je sais c’est que lorsque vient le moment où on me la pose sur moi, la sage-femme me dit vous pouvez la nourrir.

J’ai donné le sein comme ça, sans savoir.

Le temps va passer et je vais souffrir le martyr (j'ai la sensation en tout cas), j’ai les seins gonflés, je perds du lait en quantité et ça coule partout sur mes vêtements, je suis embêtée, je m’énerve et je suis fatiguée…

Très vite je veux instaurer le biberon mais bébé n’est pas de cet avis et va hurler dès qu’on lui présentera une tétine. Le papa veut continuer l’allaitement. Je lui en veux, c’est moi qui souffre et lui il peut dormir la nuit. C’est ce que je crois.

Je vais lutter et aussi pleurer pendant 3 bons mois voire 4 puis l’arrivée du petit pot va me soulager un peu.
Bien sûr je réessaierai le biberon mais en vain.

Après c’est devenu agréable. Mais bébé a perdu du poids et à 6 mois d’allaitement/petits pots : je dois stopper net. Fini le sein.

Je vais pleurer, je vais en baver pour la nourrir et j’ai mal au sein.

Le temps passant, bébé allant mieux, j’ai remercié le papa de m’avoir poussé à faire cet allaitement car au final c’était bien.
Entre parenthèse Akilina acceptera le biberon vers 2 ans seulement et aura du mal à le lâcher à 6 ans



Emélia née en septembre 2009


Je ne me pose pas non plus la question et puis j’ai d’autre chose à penser alors on fera pareil, je donnerai le sein.

Mais c’est plus dur, je suis encore plus fatiguée et la douleur m’est insupportable.

Le papa n’insistera pas autant et à 1 mois ½ j’arrête, en plus Mademoiselle adore le biberon.

Avec le temps je finis par regretter, un peu.



Juline née en novembre 2013

Là c’est différent, peut-être parce que je suis plus âgée, parce que je prends plus le temps, parce que je suis à la maison officiellement, parce que c’est la dernière, un peu de tout ça réuni je pense mais je veux allaiter et réussir : moi.

Je me lance un challenge en quelques sortes, je veux faire un allaitement comme je l’entends, j’imagine bien l’allaiter jusqu’à 6 mois. A ce moment-là je trouve ça parfois étrange les grands bébés qui tirent le maillot de maman pour boire… mais je ne juge pas attention, chacun fait ce qui lui plaît

Elle va arriver dans des conditions très difficiles et quand je la porte pour la première fois je voudrais qu’elle soit attaché à moi, juste pour quelque temps encore, histoire de la rassurer, qu’elle oublie et moi avec tout ce qu’on a vécu, qu’on se sente aussi bien que lorsqu’elle était dans mon ventre.

La première nuit elle sera au sein, un coup à gauche, un coup à droite, toute la nuit… L’équipe des sages-femmes extraordinaires m’installeront le lit contre un meuble pour que je puisse l’avoir toujours près de moi et une sage-femme va même rester avec moi pendant plus d’1h30 à mettre Juline au sein pendant que je dors – extraordinaire moment même si il peut sembler étrange

De ce fait j’ai eu de magnifiques crevasses et je peux vous dire que j’ai fait mal aux mains de mon mari tellement je l’ai serré lorsque je mettais bébé au sein.

Mais cette fois-ci j’étais préparée, j’ai lu le plus possible de documents, j’ai installé un coin cocooning spécial allaitement avec fauteuil / repose-pied, couverture toute douce, table basse, lecture et lampe apaisante, j’ai acheté tout le nécessaire, j’étais prête.

J’ai eu la sensation de me battre à ce moment-là, je ne pouvais pas bouger, je souffrais au moment de la mettre au sein mais dès que la douleur passait je m’apaisais et j’étais fière.

Aujourd’hui elle a 9 mois, j’allaite toujours. Et elle a déjà réussi à tirer mon maillot de bain et se mettre au sein toute seule, en fait j’ai trouvé ça génial et trop mignon. 

J’ai essayé le biberon pour la journée au moins et pour les fois où j’étais fatiguée mais encore une qui ne veut pas et ce n’est pas faute d’avoir essayé.

Maintenant elle a la tété le matin et une le soir après le repas, elle mange très bien ses petits pots.

Elle a été heurée très rapidement et fais de grosses siestes.

Je n’ai plus mal et je ne mets même plus les coussinets.

Quand on est en dehors de la maison, je lui donne un peu plus la tété, c’est comme ça.

Je ne me pose pas vraiment de question, j’ai réussi mon challenge et je profite de nos moments à nous.

J’ai la sensation que nous ne coupons pas le cordon et de mon côté ça m’aide à accepter l’accouchement, je me sens proche d’elle et j’aime ça. Je me dis que si moi je me sens bien, elle doit se sentir bien aussi.

Côté papa c’est magique, elle tend souvent la main en arrière pour l’attraper et nous restons comme ça à trois quelques minutes.

Vais-je continuer longtemps ? Seul l’avenir nous le dira

Chaque allaitement est différent, j’en suis la preuve. On ne l’aborde pas de la même manière parfois et ça fait la différence.

Mais suis-je pro-allaitement ? Non, je ne me vois pas comme ça.

Je ne juge personne.

Celle-ci donne le sein jusqu’à la rentrée de l’école : d’accord.
Celle-ci jusqu’à 3 mois : d’accord.
Celle-ci : juste à la maternité : d’accord.
Celle-ci : jamais : d’accord.

Le principal c’est que la maman se sente bien et ainsi bébé se sentira bien.
Une phrase que ma Maman m'a dit un jour : "vaux mieux donner le biberon avec amour que le sein avec crainte" je pense que dans tous les cas le plus important c'est de donner de l'amour alors peu importe sein ou biberon, non?

Je suis un peu embêtée de voir les personnes se sentant victime de faire tel ou tel chose.

J’ai vu une maman « puni » par Facebook parce qu’on la voit donné le sein.

J’ai vu une maman faire un billet parce qu’elle donne le biberon et qu’on a dû lui dire : ce n’est pas bien.

Laissez les gens parler ou montrer ce qu’ils veulent et si ça ne vous plait pas, essayez de passer votre chemin sans rien dire, par respect pour les choix de chacun.


Et pour celles qui donnent le sein : continuez.
Et pour celles qui donnent le biberon : continuez.



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